Pour que les petits garçons puissent être et aimer ce qu’ils veulent, sans qu’on les emmerde (version 4)

Depuis qu’il est tout petit, mon fils aime se vernir les ongles de temps à autres.
Mais plus il a grandi, et plus il a commencé à être sensible aux remarques qu’il pouvait recevoir. Je me souviens par exemple l’avoir vu au parc, les mains recroquevillées pour cacher ses ongles vernis, de peur que les enfants se moquent et ne veuillent plus jouer avec lui. Ça m’a retourné le ventre de sentir que mon fils n’osait pas laisser libre cours à ses envies ou sa personnalité à cause du regard des autres.
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A la fin des vacances d’été, Piou a de nouveau manifesté l’envie de porter du vernis. Auprès des enfants de mes amis, qui les élèvent selon des principes très tolérants, aucun problème. Par contre, dès que nous sommes sortis de notre petit cercle protégé, ça s’est révélé être une autre paire de manches…
Au parc, Piou a essuyé les moqueries d’un groupe d’adolescents (des garçons de 15-17 ans). Puis le petit garçon de son âge (5 ans) avec lequel il jouait au toboggan s’est exclamé, en remarquant ses ongles vernis : « Oh, t’as du vernis, t’es une fille ! »
Mon fils s’est refermé comme une huître, les épaules basses, tout honteux. Je suis donc allée parler aux ados. Et avec l’enfant de 5 ans, j’ai engagé une conversation sur le vernis, le rose, les paillettes, les filles et les garçons. En 10 minutes, c’était plié : les deux petits garçons sont repartis jouer gaiement ensemble, et il n’a plus été question de vernis.
J’espérais que l’affaire était close. Que mon fils se sentait désormais suffisamment solide sur ses appuis pour répondre aux remarques qui pouvaient lui être faites. Mais c’était sans compter les adultes…
Hier, sur le chemin de l’école, Piou m’explique que l’Atsem de sa classe lui a soutenu que le vernis, ce n’est pas pour les garçons. « Moi je sais bien que c’est pour les filles et les garçons, mais elle m’a dit que non ». Bon. « Piou, je vais te donner ma botte secrète : la prochaine fois, tu lui demanderas pourquoi les garçons ne pourraient pas mettre du vernis. Tu verras, elle sera bien embêtée. Peut-être qu’elle te répondra ‘parce que c’est comme ça, c’est tout’. Sauf que ça, ce n’est pas une réponse valable. » Mon Piou pique alors un fard : « Tu peux aller lui dire, toi ? Moi j’ose pas. »
Mince. J’avais oublié que pour un enfant de 5 ans, un.e adulte, c’est une montagne. Alors argumenter face à lui/elle…
Pour que mon fils puisse se défendre sans moi, je lui ai donc bricolé des bandelettes d’autodéfense antisexiste, que j’ai prévu de plastifier, de plier en accordéons et de glisser dans son sac. Il pourra ainsi les dégainer facilement en cas de « c’est pas pour les garçons ». Après tout, ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ?
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Sur les dépliants, j’ai décidé de mettre en avant les situations les plus courantes possibles, ainsi que des hommes célèbres (couleurs de peau, métiers, nationalités et époques différentes, queers ou non), pour donner le maximum de poids à cette argumentation visuelle.
J’ai ajouté des petits pictogrammes pour que ces dépliants puissent être utilisés par des enfants qui ne savent pas encore lire.

J’ai traité 11 thèmes (le maquillage, le vernis, les bijoux, les vêtements, les cheveux longs, la couleur rose, les paillettes, l’homosexualité, la bisexualité, les pénis, les larmes, les fleurs, la danse, les bébés, le tricot), mais c’est évidemment déclinable à l’infini.

Vous pouvez librement télécharger et imprimer le fichier pdf.

Si jamais vous avez des remarques ou des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part, car j’ai bien conscience que ce petit outil n’est pas parfait.

J’espère en tout cas qu’il permettra à plein d’enfants de se sentir libres de suivre leurs
envies. 😉

 

501 commentaires

    • c’et absolument génial! je suis enseignante en collège et nous animons des ateliers autour des relations garçons/filles, un programme qui s’appelle « cet autre que moi » et je vais imprimer ces dépliants et les faire circuler lors de ces ateliers. bravo pour cette initiative!

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    • Je me joins à la cohorte des merci pour dire que ça va servir (pour ma part côté animation, centre de loisirs, colos, formation d’animateur.trice.s), merci pour la partage et l’initiative !!

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  1. Bonjour,
    je ne suis pas du genre à laisser des commentaires sur des articles mais là, j’ai téléchargé vos dépliants et l’idée est tellement géniale et essentielle de nos jours que je voulais vous dire : merci et bravo.
    et vive le vernis pour tous!!!! 😉

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  2. bon! et bien après réflexion, j’ai décidé d’imprimer un exemplaire de « pour les garçons » et un autre de « pour les filles » pour la maîtresse de cp! je suis Maman de trois filles, les deux plus jeunes âgées de 6 et 8 ans, et ça fait déjà un moment qu’elles rentrent de l’école très en colère parce que, exemple le plus courant : « les garçons disent qu’on peut pas jouer au foot! »

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  3. J’ai entendu parlé de votre initiative sur le site positivr.fr et je dois dire que je suis super fan 😀 En plus vous avez pensé à inclure des personnes trans, c’est assez rare (de voir les personnes trans prises en compte) pour être souligné !
    C’est vraiment un outil tout simple et super utile et pratique, j’en suis convaincu.

    Comme idées supplémentaires éventuellement :
    – être un garçon et aimer porter des talons.
    -être un garçon et jouer le rôle d’une fille (théâtre etc par exemple car souvent si c’est ok de déguiser une fille en un personnage de garçon, l’inverse est souvent hyper tabou, comme si c’était risible). Comme exemple ya le théâtre japonais/anglais,
    – inclure le fait que certaines personnes ne sont ni des filles, ni des garçons ^^
    – peut-être inclure des personnes intersexes dans le petit dépliant parlant d’assignation (en prenant des personnes intersexes qui se définissent fille ou garçon (ou autre si jamais vous faites un dépliant pour dire que certaines personnes ne s’identifient ni fille, ni garçon, et dont certaines sont également intersexes, sans faire un lien « intersexe=ni F ni G » car c’est faux^^)
    – être une fille et avoir de la force physique (beaucoup semblent penser qu’une fille est fondamentalement moins forte physiquement qu’un garçon, ce qui est évidemment faux.. et pas besoin d’être une athlète bodybuildée pour cela ^^)

    Oh et si jamais : pour le être un garçon et porter une robe, ya une célèbre photo d’Iggy Pop en robe, qu’il avait réalisé pour la lutte contre le sexisme (en disant en gros qu’être comparé à une femme n’avait pas à être une insulte : http://static.mmzstatic.com/wp-content/uploads/2014/04/IggyPopWoman.jpg)

    Bonne continuation !

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  4. Merci pour ces dépliants. Je les ai passé à mon fils, qui est en ce1, car il se faisait embêter quand il avait les cheveux longs. Il les a donné (fille et garçon) à la maitresse et depuis les élèves de la classe choisissent chaque jours 3 dépliants et en discutent ensemble. La maitresse est ravie de pouvoir utiliser cet outil à l’école.
    Aujourd’hui, mon fils a coupé et envoyé ses cheveux comme don pour faire des perruques.

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  5. Ce que vous faites et avez fait par amour pour votre fils est pour moi bouleversant. Je suis adulte et père de deux enfants. Ce qu’a vécu votre fils, je l’ai vécu au même âge. Traits fins, mince, plus attiré par la musique que par les matchs de foot. Intrigué par la diversité et les couleurs de la garde-robe féminine et de ses accessoires face à la tristesse de celle des garçons. Mais il y avait une barrière encore plus étanche qu’aujourd’hui entre les deux. Et la question, toujours la même, pourquoi pas ?
    J’ai des ongles aussi, des jambes aussi, un visage aussi, des cheveux aussi !
    A cela s’ajoute l’amalgame sexualité-genre. Et là, quand vous êtes enfant, ça vous perturbe. Le regard sur soi, les questions sur la « normalité », le regard des autres qui est parfois un regard de jalousie face à quelqu’un qui ose (le même qui se moque du vernis de votre fils peut-être regarde-t-il avec envie le vernis de sa sœur ou en met-il caché dans sa chambre ?)
    Je pense, ce n’est que mon avis, que les filles sont plus fortes sur ce point, celui de l’habillement. Elles se sont servies dans le rayon garçon et ont dit « nous on va mettre ça aussi. Point barre ». On appelle cela le look « garçonne », terme pour lequel il n’y a pas d’équivalent masculin sauf à venir sur le terrain du sexe et non du genre. Et les filles ne sont pas tendres non plus avec les garçons qui se rapprochent un peu trop de leur armoire ! ce que je peux comprendre, étant donné le peu de place qu’on laisse aux femmes dans les postes à responsabilité, ce que le dépliant montre bien. Il y est plus sujet de la place de la femme dans une société d’homme que de son habillement.
    Il serait d’ailleurs intéressant je pense d’intervertir les dépliants, donner celui pour les garçons aux filles et inversement. Ils aident à pourvoir être soi, en inversant ils peuvent aider à accepter l’autre.
    Bref, je pourrai disserter des heures sur ce sujet qui me passionne.

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    • Je ne sais pas si l’on peut dire que les femmes tiennent à leur originalité vestimentaire comme à un précieux petit pré carré ou si c’est l’un des corollaires de la société patriarcale (on nous décore pour qu’on soit attrayantes, on nous distraie avec des fringues chatoyantes…). En ce qui me concerne, je laisserais volontiers aux hommes plus de liberté en la matière. Mais ce n’est pas non plus évident pour eux. Car s’il n’est pas trop insultant d’être une garçonne, il est honteux d’être une « femmelette ». S’approprier des codes féminins est aujourd’hui encore une marque d’infamie.
      Les choses vont bouger (enfin j’espère !), mais il reste du boulot !

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    • Je pense perso que si les attributs associés culturellement aux femmes sont mal acceptés si adoptés par les hommes (alors que l’inverse est bien accepté globalement), ce n’est pas parce que les filles se sont dit « on va se servir chez les garçons », mais simplement parce dans notre société patriarcale, comme le dit « maman rodarde », ce qui est attribué au féminin est dévalorisé.
      Donc un garçon qui « descendrait un échelon » sur l’échelle sociale c’est évidemment beaucoup moins accepté qu’une fille qui « grimperait un échelon » en accédant à ce qui est considéré comme enviable (car masculin)…

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  6. Superbe initiative, dont je vais user et abuser 😀
    Ma fille est encore trop petite, mais je pense les imprimer et les sortir au prochain conflit du genre là où je bosse 😉 (péri)

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  7. Bonjour et MERCI pour cette super initiative… L’un de mes fils aiment le rose et en effte les stéréotypes ont la vie dure… Regarde c’est Tiago qui a un sac de fille, et malheureusement les adultes de réagissent pas !! Mais je ne serai pas toujours là alors MERCI !!!

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  8. Mon mari l’a imprimé lorsqu’il l’a vu pour nos fils. Tres bon boulot. Nos fils assume leur choix mais tres souvent c’est plus compliqué a l’exterieur… le regard des autres, les moqueries des enfants …
    Ca les as aidé a mettre des mots pour se defendre bien que ca reste vain puisque c’est les mentalité des adultes qu’il faudrait changer …

    merci pour ce travail

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      • Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain! En éduquant les enfants maintenant, on influence une partie des parents, déjà, et on a une action durable sur l’avenir.
        Une anecdote : la nièce d’une amie, quand elle avait 6 ans, dans un magasin de jouets, avait demandé l’aide d’une vendeuse pour le choix d’un jeu de construction. Devant la réponse de la vendeuse, qui l’orientait vers le rayon « fille » (poupées, peluches, jeux de marchande et autres), elle a sorti avec un aplomb génial pour cet âge « non, il n’y a pas de jeux pour garçons ou pour fille, moi c’est vraiment ce jeu-là que je veux ». J’espère que ça a aussi influencé la vendeuse dans ses conseils futurs auprès des enfants, garçons et filles.
        Sans compter que ça n’empêche pas des actions auprès des adultes ;o)

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  9. Bonjour maman rodarde c’est vraiment une super idée :)… Je n’ai pas encore d’enfants mais je leur ferai certainement partager ces idées de liberté et tolérance. Bonne chance pour la suite!

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  10. Éducatrice auprès d’adultes présentant un handicap mental, je viens d’imprimer vos dépliants pour m’en servir d’outil pour animer un groupe de parole « vie intime et sexuelle ». Merci à vous!! Hâte de voir comment la parole va se libérer, j’espère que certains vont pouvoir se dire « je peux », j’espère que ça va leur donner des armes pour défendre leur choix !!!

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  11. bonjour

    nous avons utilisé les dépliants au lycée

    les élèves vont poursuivre à partir de leurs expériences sur les stéréotypes et d’autres vont étendre aux stéréotypes sur le handicap …

    à suivre !

    et MERCI

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  12. Bonsoir ! Votre article est absolument génial, mon petit frère de 4 ans ne se soucie absolument pas du genre attribué à certains objets ou certaines pratiques/activités, et c’est sans aucune gêne qu’il me demande de lui vernir les ongles quand il me voit faire, qu’il emprunte mes vieux déguisements pour « danser comme une princesse » ou qu’il demande la poupée d’Elsa la Reine des Neiges à Noël. Un jour il veut être Spiderman, le lendemain Elsa, et il est très heureux comme ça. Depuis un an ou deux (depuis qu’il commence à formuler seul ses souhaits et est bien conscient de ce qu’il veut) je mets un point d’honneur à ce que mon frère se sente bien dans sa peau et je lui apprends que rien n’est « que pour les filles » ou « que pour les garçons » et qu’il a le droit aimer ce qu’il veut.
    Seulement voilà, mon beau-père (son père donc) est un peu (un peu beaucoup)… « vieille école ». Et donc je vous passe les détails mais en gros avec lui « ce qui est rose c’est pour les filles », « les poupées c’est pour les filles », « la dînette c’est pour les filles » et le dernier en date (qui m’a brisé le coeur pour mon petit frère qui en est fan) « Le dessin animé La Reine des Neiges c’est pour les filles ». Le problème étant que je remarque que même si mon frère a réussi à rétorquer une ou deux fois (et j’étais très fière de lui), à long terme ça le braque et je vois bien que lorsqu’on pointe du doigt le fait que ce ne soit « pas normal » qu’il aime telle ou telle chose il se sent gêné et ne sait pas trop quoi dire.
    Je pense que ces dépliants vont beaucoup aider mon petit chat à comprendre qu’il est tout à fait normal et l’aider à reprendre confiance en lui !

    Merci !

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  13. Je ne suis pas maman et je ne travaille pas non plus avec des enfants cependant, pour La jeune femme que je suis ça a toujours été logique que tout était pour tout le monde ! Mais alors essayer d’expliquer ça à mon entourage… « mais Intel a bien du maquillage alors pourquoi ce mec là il aurait pas le droit ?  » « Non mais lui il est pas connu et puis de toute façon c’est des tapettes » ah ouais… homophobie, sexisme… tout ce que fait de plus beau notre société n’est ce pas ?

    Cette idée de dépliant est tout simplement géniale et vous savez quoi ? Je pense qu’elle est aussi bonne pour les enfants que pour les adultes 😉

    Merci de mettre votre idée à disposition, c’est encore plus génial je trouve !

    Et vive le vernis 😉

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  14. Bonjour,

    Je vous remercie pour votre ouverture d’esprit, votre travail et votre générosité.
    Je vais imprimer vos dépliants pour m’en servir de support lors de colonies de vacances.

    Bonne continuation !

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  15. Je trouve cette idée absolument géniale et magnifique !
    Vouloir devenir parents entraîne souvent ce genre de responsabilité de conforter son enfants dans les goûts qui sont les siens et non pas dans ceux que l’on croient être convenable pour lui et c’est une réelle preuve d’amour que de c’être démener de la sorte pour Piou.
    Simplement parce que tout parents devraient être capable de réagir de la sorte et de comprendre au lieu de réprimer, un grand bravo !

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  16. Bonjour,
    Merci à vous pour cet article, je suis heureuse d’être tombée dessus.
    Afin d’éviter les impressions en masse – initiative zéro déchet 🙂 – je vous propose de vous en faire une version type présentation powerpoint ? Pour PC et pour smartphone 🙂
    N’hésitez pas à me contacter si cela vous intéresse.

    Merci encore et bonne journée,

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  17. Génial ! Mon fils a eu aussi sa phase venis, et à un moment donné il en avait 50 petit flacons!😇 C’était très naturel pour nous tous et personne ne l’a empêché. C’est tres bien votre iniciative!😘💞💞

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  18. Sincèrement, malgré tout les commentaires positifs à ce sujet, je ne comprends pas qu’on puisse mettre du vernis à ongles à un petit garçon. Sur le dépliant on ne voit pas de petits garçons de 5 ans avec du vernis… Bien que ça me choque, chacun fait ce qu’il veut mais je n’espère pas que la maîtresse de mes enfants leur explique que c’est normal.

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      • Si vous voyez un petit garçon ou une petite fille venir à l’école avec du vernis du rouge à lèvres et du mascara, vous en penserez quoi ? Et si un petit garçon arrive avec une robe rose avec une princesse ? Ne croyez pas que je juge, j’essaie de comprendre ce point de vue car mes amis font la même chose et malgré tout les arguments je ne comprends pas. Homme femme nous avons été créé physiquement de manière différente, pourquoi ne plus vouloir nous différencier ?

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    • Qu’est-ce qui vous choque en fait Jess ? Quand on est enfant, on aime se déguiser, on aime se maquiller (que ce soit en pirate, en clown, en animal…), ça ne donne aucune indication sur le futur de l’enfant, en fait ce serait même plutôt sain pour son développement parce que ça veut dire qu’iel développe son imaginaire et sa créativité… Mettre du vernis n’est pas différent de se mettre du rouge à lèvres sur le nez pour se déguiser en clown. Ou on peut juste trouver ça beau car c’est plein de couleurs et qu’on peut être un garçon et aimer les couleurs.. (même si la « Mode » fait tout pour faire croire qu’un garçon devrait n’aimer que le bleu, le gris et le noir…). Comme les paillettes : on peut aimer les paillettes parce que ça brille.

      Lorsque vous dites que ce n’est pas « normal », qu’entendez-vous par là ? Un « garçon normal » c’est quoi ? Qu’est-ce qui est « anormal » ?

      Je trouve toujours particulièrement dangereux cette idée de « normalité » qu’on brandit parfois sans vraiment en mesurer les conséquences… Est-ce qu’être gay c’est anormal ? Est-ce qu’être noir c’est anormal ? Est-ce qu’être en fauteuil roulant c’est anormal ? … Moi j’ai envie de dire : est-ce que se conformer à des « normes » imposées sans aucune raison valable c’est « normal » ? Est-ce que la discrimination c’est « normal » ? Ce mot de normalité ne veut au final rien dire… Soit on veut parler de majorité, et dans ce cas là, bah employons le terme de majorité (!), soit on veut parler de ce qui est censé être correct, sain et acceptable socialement. Sauf que dés qu’on en parle en ces termes…. on ne peut plus nier le côté social, culturel, et donc absolument subjectif… Il n’y a rien d’universel à une norme sociale. Il n’y a rien d’intemporel à une norme sociale. Mettre des collants était une norme sociale pour les hommes pendant la renaissance. Porter du rose était un signe de virilité (le bleu étant associé dans notre culture à la vierge). Porter des robes pour les petits garçons était la norme jusque dans les années 30 (ou pas loin).
      La normalité n’a aucun sens. Ne serait-il pas plus intéressant de se poser des questions avec pragmatisme ? C’est quoi le problème avec le vernis pour les mômes (tant que ça reste récréatif et que ça ne devient pas un truc de tous les jours, parce que là il y a des conséquences pour la santé des ongles, quel que soit le genre de la personne^^’).

      Au final, j’invite à s’interroger soi sur : qu’est-ce qui fait peur avec l’idée que ça puisse être ok et affirmé comme tel, pour ensuite se demander : en quoi puis-je agir sur MES peurs, plutôt que de les projeter sur les comportements de mes enfants ?

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      • Ma fille de 3 ans un jour m’a vu en train de me mettre du mascara et du rouge à lèvres, elle m’a demandé de lui en mettre. Je ne lui ai pas mis du mascara mais je lui ai mis un peu de rouge à lèvre puis je lui ai enlevé 5 minutes après. Si mon fils me demande la même chose (ou du vernis) je le ferais car ça resterais dans le cadre de l’amusement mais je ne le laisserais pas aller à l’école où au parc avec. C’est pareil pour ma fille,je lui ai expliqué que le maquillage c’était pour les grands, pourquoi mon fils ne comprendrait pas que le vernis ou le maquillage c’est plutôt pour les filles ? C’est ça qui me choque en fait. Mes amis ont mis du vernis à leur fils et il est parti à l’école avec, il tient les mêmes discours mais vraiment je ne comprends pas. Si votre fils vous demande de partir à l’école avec la robe rose de sa sœur, vous le laisseriez partir ainsi ? Quelles sont les limites ?

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      • Bonjour,
        Je vois deux choses dans votre message : premièrement, vous semblez affirmer que vous ne laisseriez pas votre fille sortir en étant maquillée parce que c’est pour les adultes. Effectivement à partir de là, que ce soit votre fille ou votre fils, l’argument qui prime c’est « le maquillage c’est pour les grands, tu es trop jeune » (d’autant que le maquillage peut participer à la sexualisation des individus, donc des enfants… tout comme les strings ou les soutifs chez des gamines prépubères à la poitrine inexistante).

        L’autre chose c’est qu’en parallèle vous demandez pourquoi votre fils ne comprendrait pas que « le maquillage c’est plutôt pour les filles ». Moi j’ai une autre question (sans aucune forme d’animosité ni de jugement je précise hein) : pourquoi ne comprenez-vous pas que le maquillage n’est ni plus ni moins que du maquillage ? Qu’il n’y a rien de « fille » ou de « garçon » derrière cela ?

        Ce sont juste des constructions sociales, et ce qui est social, c’est subjectif. Dans d’autres cultures les hommes se maquillent, portent des robes sans que leur genre ne soit remis en question. Est-ce que si votre fille va à l’école en pantalon ça vous pose un problème ? Pourquoi considérer que les pantalons c’est « un truc de garçon et de fille » mais que les robes seraient « un truc de fille » ? Ya quoi derrière ? à part des justifications sexistes du style « un garçon en robe va passer pour une fille » (genre c’est honteux d’être comparé à une fille ?) ou homophobes du style « un garçon en robe est efféminé, ça fait homosexuel »… ?

        Autre chose, à propos de « Homme femme nous avons été créé physiquement de manière différente, pourquoi ne plus vouloir nous différencier ? » :

        1)Si vous regardez les pdf de « mamanrodarde », vous verrez qu’elle aborde aussi d’un côté les personnes trans, et de l’autre les personnes intersexes. C’est à dire d’une part des personnes dont le genre est différent de celui qu’on leur a assigné à la naissance, et de l’autre des personnes dont les caractéristiques sexuées ne correspondent pas aux normes établies de « sexe mâle » ou de « sexe femelle ».
        -> Donc déjà, non, la « nature » n’est pas aussi binaire que ce qu’a bien voulu nous faire croire la médecine. Les différences entre les individus ne se limitent pas à « homme/femme » ou à « pénis/vagin » d’ailleurs. Et ça c’est pas de la culture subjective, des théories ou quoi, c’est des faits objectifs, des personnes qui existent et dont l’existence suffit à elle-même pour démontrer leur réalité.

        2) Pensez-vous que toutes les personnes de même genre se ressemblent ? Pensez-vous qu’il n’est pas possible de différencier la reine d’Angleterre de Madonna ou d’Angela Merckel ? Pensez-vous qu’il n’est pas possible de différencier Iggy Pop, Benoit XVI, Trump et Jean-Pierre Pernaud ? Pourtant ils sont apriori pour ce qu’on en sait (c’est à dire pas grand chose, convenons-en) toustes « des femmes » d’une part et « des hommes » d’autre part nan ?
        Si je vous titille là c’est parce que clairement – et heureusement ! – les gen-t-e-s possèdent une palette INFINIE de moyens divers et variés de se distinguer les un-e-s des autres…

        Mettre à mal les stéréotypes de genre ne contribue pas à effacer les différences entre les genres ou entre les gens. Pour plusieurs raisons :
        1) le monde recèle de personnes qui font voler en éclat ces stéréotypes de genre, démontrant bien leurs limites et leur pouvoir aliénant. Les stéréotypes de genre sont absurdes et ne reposent jamais sur des notions positives. Ils sont donc majoritairement nocifs et un frein à la libre expression de soi.
        2) ils se fondent pour la très grande majorité sur des idéologies sexistes, racistes, homophobes, cissexistes, validismes etc. Par exemple : pourquoi à votre avis la robe est (ici en occident) réservée culturellement aux filles ? Parce qu’avant, la robe signifiait l’immaturité et l’enfance. à l’adolescence, on a donc fait porter des pantalons aux garçons « devenus hommes » : passage à l’âge adulte oblige….. tout en considérant qu’il était logique de laisser les filles et donc les femmes (adultes donc) en robes…. wow. ça en dit long hein ?
        3) Les gens ont eu, ont et auront toujours des façons différentes de vivre leur genre et de l’exprimer. Est-ce qu’une fille aux cheveux courts est moins une fille qu’une aux cheveux longs ou est-ce que forcément elle devient aux yeux de toustes « un garçon » ? Est-ce que le droit des femmes à porter des pantalons a contribué à effacer les « différences » entre les genres ? Et de quelles différentes parlent-on d’ailleurs ? Est-ce que vous exposer vos organes génitaux ou votre poitrine à tout va ? Est-ce que d’après-vous cela indiquerait quel est votre genre ? Est-ce qu’il existe des « différences » de comportement et de goûts entre hommes/femmes/personnes d’autres genres ?
        Quand on se rend compte que
        – l’anatomie ne donne aucune information sur le genre de quelqu’un-e
        – les goûts/intérêts/loisirs/métiers ne donnent aucune information sur le genre de quelqu’un-e
        – les capacités intellectuelles/cognitives ne donnent aucune information sur le genre de qqn-e,

        .. il reste quoi ? à part que votre monde de certitudes en prend surement un certain coup, et je le comprends parfaitement ^^ », il en reste que les différences entre individus se trouvent ailleurs que dans le genre en fait. Et que la seule façon de connaitre avec certitude le genre de quelqu’un-e, c’est de lui demander / de l’entendre se genrer soi-même.
        🙂 J’ai parfaitement conscience que ce que j’avance peut paraitre beaucoup à avaler, que ça peut susciter le rejet, parce que l’être humain a tendance à s’accrocher comme jamais aux fondations de sa pensée, et malheureusement, ces stéréotypes nous sont inculqués dés l’enfance comme le ciment de nos sociétés.. alors quand on remet ça en question, la réaction la plus primaire et viscérale peut être de dire : NON. Et de s’accrocher à ses convictions. Cela dit, c’est assez libérateur de remettre constamment en cause nos certitudes et ce qui nous est inculqué.. Ya des tas de choses qu’on a pu apprendre à l’école et qui se sont avérés faux, des choses que nos parents nous disaient (mange tes épinard c’est plein de fer) qui se sont avérées fausses, des choses que les scientifiques nous disaient (il existe un cerveau d’homme et un cerveau de femme) et qui se sont avérées fausses… Remettre en questions nos certitudes est surement une des choses les plus saines qu’on puisse faire en fait dans notre vie, et même si c’est inconfortable au début, c’est aussi très libérateur.
        J’espère que vous aurez l’envie d’explorer tout ça, ce que vous faites d’ailleurs en postant ici vos questionnements avec bienveillance 🙂

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      • PS : si mon enfant me demandait de porter un vêtement associé culturellement à un autre genre que le sien, je læ laisserai faire, en m’assurant qu’iel soit prévenu des discriminations, qu’iel soit armé contre ça, et que les adultes respectent cela aussi. Mais JAMAIS les « risques de discrimination/violence » ne seront une raison pour empêcher quelqu’un-e d’agir. J’ose espérer que personne ici ne pourrait penser qu’un-e enfant noir-e ne devrait être scolarisé-e « parce que læ pauvre, iel risquerait d’être discriminé-e », ou qu’un-e enfant autiste devrait être interdit de sortir dans la rue parce qu’iel risquerait d’essuyer des moqueries ou des violences.
        Là, c’est exactement la même chose. La violence ne justifiera jamais de ne pouvoir être soi-même. Ce qu’il est nécessaire de combattre ce sont les préjugés et la violence, par les personnes qui les subissent ^^

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  19. Merci !! Votre dépliant est super et honnêtement, voir que vous avez inclus des personnes transgenres me fait tellement de bien que j’en ai eu les larmes aux yeux. Je suis moi même un garçon transgenre et parfois, j’aime mettre du maquillage ou des habits « féminin » et j’ai déjà eu des « Pourquoi tu te maquilles si tu es un mec ? » Les prochains qui me posent cette question, je leur montre votre dépliant ! Merci encore !

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    • Je t’envoie plein de courage. Parce que faire face aux préjugés et à l’incompréhension, c’est fatigant. Essaie de ne pas laisser les gens te pomper ton énergie et ton temps : tu as tellement mieux à faire avec ! 😉

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  20. Bonjour,

    vos dépliants sont une super idée! Je compte les glisser dans les classes. Je les ai imprimé mais au pliage, cela ne tombe pas pile en face… ?! auriez-vous une version ajustée? =) Merci beaucoup

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  21. J’avais imprimé ces dépliants en septembre mais dans la course du quotidien ils étaient restés planqués sous un tas de livres, invisibles. Par la magie du rangement ma fille ainée de 7,5 ans est tombée dessus récemment. Elle les a lus (filles et garçons) et ça l’a totalement fascinée, elle ne les a pas quittés pendant 3 jours. A toutes les questions des dépliants, ces réponses étaient finalement « ben oui bien sur ! » à chacune d’elle. 🙂 Ca a aussi été l’occasion d’aborder la question de l’homosexualité, celle des transgenres, choses que nous n’avions pas faite jusque là. Merci encore, c’est de ce genre de ressources dont on a bien besoin…

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    • Oh je suis désolée si je n’ai pas répondu à votre mail. J’ai aussi eu de mauvaises surprises : je répondais, mais le mail était envoyé à wordpress et pas à l’expéditeur du message. Pouvez-vous réessayer, s’il vous plaît ?

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