Pour que les petits garçons puissent être et aimer ce qu’ils veulent, sans qu’on les emmerde (version 4)

Depuis qu’il est tout petit, mon fils aime se vernir les ongles de temps à autres.
Mais plus il a grandi, et plus il a commencé à être sensible aux remarques qu’il pouvait recevoir. Je me souviens par exemple l’avoir vu au parc, les mains recroquevillées pour cacher ses ongles vernis, de peur que les enfants se moquent et ne veuillent plus jouer avec lui. Ça m’a retourné le ventre de sentir que mon fils n’osait pas laisser libre cours à ses envies ou sa personnalité à cause du regard des autres.
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A la fin des vacances d’été, Piou a de nouveau manifesté l’envie de porter du vernis. Auprès des enfants de mes amis, qui les élèvent selon des principes très tolérants, aucun problème. Par contre, dès que nous sommes sortis de notre petit cercle protégé, ça s’est révélé être une autre paire de manches…
Au parc, Piou a essuyé les moqueries d’un groupe d’adolescents (des garçons de 15-17 ans). Puis le petit garçon de son âge (5 ans) avec lequel il jouait au toboggan s’est exclamé, en remarquant ses ongles vernis : « Oh, t’as du vernis, t’es une fille ! »
Mon fils s’est refermé comme une huître, les épaules basses, tout honteux. Je suis donc allée parler aux ados. Et avec l’enfant de 5 ans, j’ai engagé une conversation sur le vernis, le rose, les paillettes, les filles et les garçons. En 10 minutes, c’était plié : les deux petits garçons sont repartis jouer gaiement ensemble, et il n’a plus été question de vernis.
J’espérais que l’affaire était close. Que mon fils se sentait désormais suffisamment solide sur ses appuis pour répondre aux remarques qui pouvaient lui être faites. Mais c’était sans compter les adultes…
Hier, sur le chemin de l’école, Piou m’explique que l’Atsem de sa classe lui a soutenu que le vernis, ce n’est pas pour les garçons. « Moi je sais bien que c’est pour les filles et les garçons, mais elle m’a dit que non ». Bon. « Piou, je vais te donner ma botte secrète : la prochaine fois, tu lui demanderas pourquoi les garçons ne pourraient pas mettre du vernis. Tu verras, elle sera bien embêtée. Peut-être qu’elle te répondra ‘parce que c’est comme ça, c’est tout’. Sauf que ça, ce n’est pas une réponse valable. » Mon Piou pique alors un fard : « Tu peux aller lui dire, toi ? Moi j’ose pas. »
Mince. J’avais oublié que pour un enfant de 5 ans, un.e adulte, c’est une montagne. Alors argumenter face à lui/elle…
Pour que mon fils puisse se défendre sans moi, je lui ai donc bricolé des bandelettes d’autodéfense antisexiste, que j’ai prévu de plastifier, de plier en accordéons et de glisser dans son sac. Il pourra ainsi les dégainer facilement en cas de « c’est pas pour les garçons ». Après tout, ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ?
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Sur les dépliants, j’ai décidé de mettre en avant les situations les plus courantes possibles, ainsi que des hommes célèbres (couleurs de peau, métiers, nationalités et époques différentes, queers ou non), pour donner le maximum de poids à cette argumentation visuelle.
J’ai ajouté des petits pictogrammes pour que ces dépliants puissent être utilisés par des enfants qui ne savent pas encore lire.

J’ai traité 11 thèmes (le maquillage, le vernis, les bijoux, les vêtements, les cheveux longs, la couleur rose, les paillettes, l’homosexualité, la bisexualité, les pénis, les larmes, les fleurs, la danse, les bébés, le tricot), mais c’est évidemment déclinable à l’infini.

Vous pouvez librement télécharger et imprimer le fichier pdf.

Si jamais vous avez des remarques ou des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part, car j’ai bien conscience que ce petit outil n’est pas parfait.

J’espère en tout cas qu’il permettra à plein d’enfants de se sentir libres de suivre leurs
envies. 😉

 

688 commentaires

  1. Hello,
    Super, je vais essayer ca avec mon mome ! (merci beaucoup pour tout ce travail et pour le partager)

    Une petite remarque en passant (et pas tres importante) : la forme du pénis sur le dernier ne sera pas du tout parlante pour mon môme (7 ans). Il n’a pas mué, on a déjà eu une conversation ou il m’a dit qu’il n’y a qu’une testicule (et en effet pour lui, comme c pas descendu, il n’identifie pas clairement 2 poches) et comme je ne le décalotte pas, le gland n’a pas cette forme. Là, on a quasi a faire a un pénis turgescent, ce qu’il ne connais pas (ou du moins pas sur cette forme ‘adulte’). Faudrait pete une forme + au repos 🙂

    En tout cas, bonne continuation à toi, et encore merci pour l’outil !

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    • Pourquoi vouloir absolument que l’enfant s’identifie grâce à des choses qu’il reconnait sur son corps 🤔 ? L’idée c’est que TOUS les enfants puisent utiliser et comprendre cette brochure, y compris les filles. D’ailleurs le point sur le pénis est là pour montrer aux enfants qu’il n’y a pas besoin d’avoir un pénis pour s’identifier garçon, donc ça n’aurait aucun sens que le pénis soit celui d’un petit garçon.

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      • Rien n’a voir. Elle a mit des picto pour les enfants qui ne savent pas encore lire. Je dis juste que ce picto, à mon avis, ca ne dira rien du tout à un enfant de 6 ans. Il ne comprendra pas.

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    • Oui, le côté « turgescent » m’a posé problème, c’est pour ça que je l’ai légèrement incliné. 🙂 Le problème, c’est quel autre symbole trouver pour des enfants. Je t’avoue que j’ai fait vite, il faudrait sans doute que je prenne le temps de dessiner un nouveau picto. Mais là, je mets le paquet pour avancer la version fille ! ^^

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  2. Hello,
    Merci beaucoup pour cet outil !!! Je vais m’empresser de l’imprimer et d’en discuter avec mon fils de bientôt 5 ans. Il adore le vernis mais me demande maintenant de lui enlever les veilles de jour d’école pour pas subir les réflexions… il a les cheveux longs (afro) et quand je lui attache en queue ou quand il est tressé ce sont les petites filles de sa classe qui lui disent qu’il a une coiffure « de filles »… 😦 Ça me désole que les préjugés soient déjà si automatiques chez des enfants si jeunes… J’essaie souvent de lui soumettre des contre exemples, du style les filles portent bien des pantalons ou les cheveux courts mais là tes planches sont bien plus concrètes.
    Merci encore pour le partage et bonne journée 😁

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    • Merci pour ce témoignage.
      J’espère très fort que ton petit garçon continuera à aimer le vernis et portera ses cheveux longs avec fierté.
      On peut faire bouger les lignes, j’en suis persuadée ! 😉

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  3. Super ! j’ai trouvé votre article via un tweet de @ProfDocDoc. Je suis Prof doc et du coup je les ai décliné en marque-pages. Bravo et merci pour le partage.
    A Fleury, @cdivirtuel sur twitter et instagram

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  4. Est-ce qu’il a utilisé ces dépliants finalement ?

    Ma fille (6 ans) a le même pbm, les filles de son école (nouvelle) lui disent qu’elle ne peut pas aller aux toilettes, elles croient que c’est un garçon à cause de son look, de ses centres d’intérêt ou de son entourage) et elle n’ose pas répondre et s’affirmer.

    Dans son cas, le vrai problème est donc là à mon avis : confiance en soi et affirmation. J’avoue, on ne sait pas trop comment l’aider.

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    • Il n’a pas encore eu l’occasion de les utiliser, non. Mais ils sont dans son sac au cas où. 😉
      C’est difficile pour un.e enfant de s’affirmer. Même en tant qu’adulte, on n’y arrive pas toujours !
      Je ne sais pas si les dépliants suffiront, mais je me dis qu’il faut essayer. On ne peut pas rester sans rien faire !
      Les dépliants version fille arrive. J’espère que ta fille les trouvera utiles.

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  5. Merci merci! (il est formidable ce Jared Leto!)

    Reste à faire la même pour les filles :
    – les filles peuvent-elles avoir les cheveux courts?
    – les filles peuvent-elles jouer au foot?
    – les filles sont-elles forcément faibles/peuvent-elles être musclées?
    – les filles doivent-elles toujours sourire?
    – les filles peuvent-elles faire du bricolage?
    déclinable à l’infini là aussi!

    (Sinon, petite anecdote au parc. Un petit garçon de 3 ans veut absolument que ma fille de 15mois soit un garçon.
    – « si c’est un garçon! »
    – non c’est une fille
    – mais si c’est un garçon!
    – Mmmh… qu’est-ce qui te fait dire que c’est un garçon?
    – ben, il a les cheveux bouclés, comme moi! »

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    • J’ai malheureusement été obligée de supprimer Jared Leto, car tout formidable qu’il soit au niveau look, il n’est pas complètement net dans ses relations personnelles.

      Il y a TEEEEELLEMENT de thèmes à aborder ! J’en ai plus d’une vingtaine-là ! 🙂

      L’anecdote est parfaite ! XD

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  6. Superbe initiative, j’adore l’idée et je pense que je vais en faire la publicité autours de moi !

    Pour ce qui est des suggestions : je conseillerais d’écrire « homme trans » plutôt que « né femme », c’est plus respectueux de l’identité de genre de ces personnes 😉

    En tout cas je serais curieuxse de savoir quelles réactions cela suscitera vis-à-vis des adultes et des autres enfants (je croise les doigts pour que ça l’aide à se sentir plus légitime et plus libre !)

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    • Euh, il n’est écrit nulle part « né femme » mais bien « assigné fille à la naissance » ce qui est carrément différent. Par ailleurs, la deuxième personne choisie, Andrew Wardle, n’est pas du tout transgenre donc cette dénomination n’a pas lieu d’être ici. L’expression « assigné fille » est juste et montre bien le fait que le choix d’un genre n’est pas celui de l’enfant qui vient de naître mais au contraire imposé (corps médical, société…).

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      • Bonsoir. Je ne comprends pas votre remarque… Non, il n’est pas écrit « né fille » car j’ai tout corrigé par « assigné fille ».
        Et je n’ai écrit nulle part que Wardle était assigné fille à la naissance, il est cisgenre.

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    • J’ai fait la modification pour « né femme », qui est devenu « assigné femme à la naissance ».

      Moi aussi je croise les doigts pour que mon initiative soit utile. Je veux tellement que les loulou.te.s se sentent libres d’être elleux-mêmes !

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      • Oui, j’ai vu, c’est encore mieux !

        Pareil, surtout que c’est terrible de voir à quel point les injonctions à se conformer commencent tôt ! Je vais réfléchir à comment je peux en faire la promotion autours de moi ! 🙂

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      • D’autres personnes trans m’ont dit qu’assigné.e fille/garçon pouvait être pas mal pour les enfants, plus compréhensible pour lancer le débat ensuite sur la transexualité… Du coup, je pensais laisser comme ça.
        Difficile de contenter tout le monde, même avec la meilleure volonté :p

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  7. Merci merci merci ! Les préjugés ont la vie dure : mon fils de 4 ans m’a un jour soutenu que « les jupes c’est pour les filles ». Je lui ai fait remarquer que son père porte des kilts (en fait des jupes pour homme) presque quotidiennement. Il a écarquillé les yeux : il n’avait jamais fait le rapprochement ! (depuis, il n’en parle plus et continue d’adorer la reine des neiges peinard).

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      • Mon fils m’avait aussi dit un jour que « cheveux longs -> fille / cheveux courts -> garçon » : je lui ai fait remarquer que ses deux mamies avaient les cheveux courts, tandis que notre voisin a les cheveux longs… du coup il s’est rendu compte que c’était une bêtise, mais il a fallu que je lui mette le nez sur les contre-exemples qu’il voit pourtant presque tous les jours !

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  8. Bonjour !
    C’est top. Mes choupies vont adorer. Serait-il possible d’avoir une version OpenOffice afin de pouvoir la modifier ? J’aimerais juste le mettre en anglais. Nous habitons en Nouvelle-Zélande et ce serait bête que les copains des enfants ne comprennent pas. Vous avez mon mail. Merci ! Bisous keur

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  9. Je suis très impressionnée par ta patience et ta pédagogie. Et très émue de ton initiative géniale. Bravo et surtout surtout : MERCI ! J’espère pouvoir prendre exemple sur toi un jour, même si j’ai l’impression fou que le temps que mes futurs enfants aient l’âge de Piou, je n’aurai plus besoin de tes dépliants !😙😙😙😙

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  10. Excellente idée ! Je me désole souvent des réflexions de ma fille qui répète ce qu’elle entend à l’école, il n’y a pas encore longtemps je lui ai dit de demander à son père si il n’aimait pas le rose, car elle me soutenait que les garçons n’aiment pas le rose, et il lui a montré que dans ses chemises pour le travail, il y en avait des parmes, des violettes et des roses. Je suis toujours atterrée de voir qu’il faut tous les jours rester vigilant sur le sexisme…

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  11. J’ai hate de voir la version fille pour ma gamine de 7 ans aux cheveux courts aime les arts martiaux et les épées. J’aimerai aussi traduire ça en anglais avec votre permission?

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  12. Je me retrouve tellement dans votre témoignage. Je suis triste pour tous ces enfants qui jouaient librement avec le genre et qui renoncent sous les quolibets. Je suis en colère aussi contre cette société si intolérante, si normée.
    Mon fils a 8 ans et il a quasiment abandonné le rose, le violet le vernis, les chouchous, les barrettes, les bijoux…
    En tout cas merci pour vos outils. Je suis enseignante-directrice, je vais m’empresser de les imprimer.
    Bonne continuation à vous et votre fils.

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    • Moi aussi ça me rend triste et en colère. Et quand je suis triste et en colère, j’ai envie d’agir pour que ça change !! ^^

      J’espère que les dépliants permettront de créer le débat dans votre école. N’hésitez pas à me faire des retours !

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  13. Votre histoire m’a vraiment émue. Mon petit garçon est encore tout petit et je ne suis pas encore confronté à ces « problèmes ». En tout cas je trouve votre démarche admirable ! 😀 J’espère que vous allez aussi faire une version fille !!!

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    • La version fille est en cours de réalisation ! Mais rassembler les photos, trier les profils et faire la mise en page prend du temps. Encore un peu de patience ! 🙂

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  14. Wahou! Quelle idée géniale! Bravo! Je ne sais pas quoi dire de plus. C’est quand même fou de devoir expliquer au 3/4 de la population que l’on peut vivre comme on l’entend sans avoir à être juger. Très beau travail!👏

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    • Ok pour le vernis, c’est votre avis. Mais il ne s’agit que d’un thème sur les 10 que j’ai traités. Les autres vous paraissent-ils tous aussi superficiels ?

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  15. Je trouve l’initiative géniale et j’aimerai travailler sur ce genre de chose avec mes classes.

    Quels sont les outils que tu as utilisés? J’envisage de faire la même avec les préjugés sur les filles (cheveux courts, toyboy, muscles, pilosité…) pour donner le change.
    Tes exemples me font rêver quoiqu’il en soit.

    Merci pour le partage

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    • Alors la version fille arrive justement sous peu (il faut que j’y travaille ce soir/nuit). Les cheveux courts, les styles masculins et les poils, entre autres, seront au programme !

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  16. Bonjour,
    Je tenais à faire rectifier que les fameux collégiens en jupe sont en fait des Lycéens (lycée Clémenceau de Nantes). 😉
    Sinon super initiative, je vais les imprimer pour les faire circuler dans le collège où j’enseigne.
    Merci !

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  17. génial, ce travail!
    je n’ai plus qu’à trouver la même chose pour ma fille qui ne veut plus de pantalon depuis son entrée à l’école l’an dernier parce que les pantalons, le bleu… c’est pour les garçons.
    et à force de le répéter, elle a converti sa soeur qui rentre en maternelle, je n’ai rien pu (su) faire pour empêcher cela.
    j’adore avoir des filles et qu’elles portent des robes, jupes… mais ça m’ennuie qu’elles pensent que certaines choses sont pour les garçons et d’autres pour les filles.

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  18. Je trouve votre initiative fantastique ! J’ai un petit garçon de 3 ans à peine qui refuse totalement qu’on lui coupe les cheveux depuis plus de 6 mois, quand je mets du vernis à ongles, sa + grande joie est de faire « comme maman ».
    Résultat j’essuie déjà les moqueries de petits comme des grands. Lui est encore trop petit pour comprendre mais ça me tue qu’on ne laisse pas les enfants être ce qu’ils sont, avec tout le naturel et l’insouciance de leur âge…
    Alors merci, je les garde précieusement pour + tard peut-être !
    Mais surtout bravo, votre idée est avant tout celle d’une maman qui cherche et trouve des outils pour aider son petit garçon à s’affirmer et c’est très touchant…

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  19. Mais génial ! Merci beaucoup
    Reste plus qu’à le faire pour les filles aussi 🙂
    Je suis ravie, car enseignante en maternelle, je compte faire un petit projet sur le sexisme, il y a de supers albums jeunesse comme appui et je trouve que les petits dépliants sont très chouettes ! Un bon support pour mes débats philos avec mes grandes sections également ! Parce qu’il faut bien avouer que je suis confrontée à des propos sexistes entre enfants et que certains clichés sont déjà ancrés dans la tête des petits bouts. Merci beaucoup, j’ajouterai peut-être des trucs du genre les garçons peuvent-ils jouer à la dinette/poupées avec des images de père qui poussent une poussette, repassent, … parce que ça en maternelle, j’en ai régulièrement des enfants qui disent que ce sont les femmes qui font tout ça.
    Merci encore

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    • Oh, tu es enseignante en maternelle et tu leur fais faire de la philo ? C’est génial ! Moi j’attaque ma formation d’animatrice philo pour enfants en octobre : j’ai super hâte !

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      • Oui je le faisais déjà avec mes moyens l’année dernière et les années passées mais pas forcément avec un créneau dédié à ça ni quelque chose de très construit, je lançais une discussion en fonction de ce que je pouvais remarquer ou entendre dans la classe et on avait un moment ritualisé avec une bougie pour ouvrir le débat et un bâton de parole et ils adoraient et me réclamaient ce moment du coup, que je n’avais mis en place qu’à la fin de l’année. J’ai bien réfléchi à le démarrer dès le début de l’année cette fois donc cette semaine avec des thèmes parfois lancés par eux ou moi et des supports affiches, ou tableaux ou autre. Pour démarrer cette année, je vais surtout me servir des débats philos de pomme d’api, ils ont des bons visuels et une bonne aide pour cela et ça va me servir de base pour plus tard construire des outils à moi. Je pense faire un débat sur deux séance ou plus si besoin, le débat et puis un rappel avec une trace écrite, collective ou individuelle, en fonction de leurs envies et idées aussi puisque je ne dois pas intervenir mais juste réguler le débat et ils doivent eux se répondre, dire quand ils sont d’accord ou pas d’accord et pourquoi, ils arrivent souvent à un consensus final quand c’est une question qui n’a entre guillemets qu’une réponse comme la différence filles/garçons, ils se répondaient et sont arrivés eux-mêmes à dire ben non ya que le sexe en fait comme différence et à ce moment là je clos le débat 🙂 dès qu’ils sont tous d’accord ou pas tous mais que ça n’avance plus en gros et que chacun a pu se faire une idée et en parler, le débat est terminé. Mais je ne viens pas dire ce que je pense ou si c’est bien ou mal ceci ou cela, je ne suis que régulateur, je prends des notes, je relance le débat pour aider, je distribue la parole surtout au début, ça marche vraiment bien et ça les aide beaucoup à assumer leur avis, à être ouverts, à discuter entre eux et à sortir des clichés également ou des idées pré-conçues ! C’est une bonne ouverture. C’est génial cette formation, c’est dans quel cadre ? Et pour intervenir dans les écoles ? ça m’intéresse d’en savoir plus 🙂

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      • Tu as vraiment l’air super calée niveau animation de débat philo !
        Ma formation est proposée par la fondation SEVE, créé par le philosophe Frédéric Lenoir. Ensuite, je pourrai intervenir partout où il a des enfants. 🙂

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    • Ah merci pour cette découverte, je ne connaissais pas la fondation SEVE mais du coup j’ai inscrite l’école où je travaille pour accueillir des ateliers, ce serait génial si ça se faisait ! J’ai vu philo mais aussi yoga et méditation que nous pratiquons à l’école alors quelqu’un pour mieux intervenir et nous aider, ce serait top ! Sinon, j’ai quelques billes en débat philo, car pendant ma formation d’enseignante, on en parlait déjà et l’année dernière nous avons demandé une formation pour notre école sur les pratiques corporelles de bien être et le climat scolaire, donc nous avons eu pas mal d’infos sur les débats philos, les dilemmes moraux, les conseils de classe, le yoga, la relaxation, les émotions et les messages clairs pour une école avec un bon climat, pour mieux intégrer les nouveaux élèves, pour leur permettre de mieux gérer leurs émotions et régler les conflits, … voilà on continue à travailler dans ce sens.

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  20. Merci pour ce magnifique article !
    Mon fils aime le verni lui aussi. Par contre je lui ai dit que c’était à éviter pour l’école (je sais, je suis une maman dégonflée).
    Ce soir, il a sa première leçon de dnse, il attend cela depuis des mois et a fait un cours d’essai en juin (il a 4 ans et va intégrer un groupe de plus grandes). J’aimerais que ce sport devienne un sport comme les autres pour les petits garçons.

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  21. c’est une super idée, bravo ! je laisse mon bonhomme de 3,5 ans suivre ses envies, mais il vient d’entrer en maternelle et je sens que parfois on va vivre de petites scènes comme celle que ton fils a vécu. Merci pour ces outils, c’est génial, les images sont toujours marquantes pour un petit, encore plus que des mots!

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  22. Ah si j’avais eu une maman comme vous ! Quel temps j’aurais gagné en déconstruction des genres ! Je porte du vernis aux mains et aux pieds à peu-près toute l’année depuis longtemps. J’ai 55 ans et personne n’ose me faire de remarques sauf quelques femmes qui me complimentent et se renseignent 🙂

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    • Oh, j’ai fait un loooong chemin avant d’en arriver là. Et puis c’est quand même plus facile d’être sensible au genre maintenant qu’il y a 50 ans. Je n’ai pas tant de mérite que ça. 🙂

      Bravo pour vos prises de positions en tout cas ! Vous inspirez sans doute plein de gens autour de vous. 😉

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  23. J’adore! J’ai eu une grande conversation sur le sujet avec mes filles hier car la grande se fait emm….. à l’école parce qu’elle a les cheveux courts (et encore, pas très…) et qu’on lui dit qu’elle ressemble à un garçon… Du coup elle hésite à se les couper plus court, je lui ai dit qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait mais qu’il fallait se préparer aux réflexions… Du coup j’ai hâte de voir la version fille! Pour les cheveux je suggère Eleven de Stranger Things ou Charlize Theron dans Mad Max pour les cheveux courts 🙂

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  24. Elle a 9 ans. Elle a les cheveux courts (enfin, au bol) et les autres enfants lui font parfois des réflexions. Elle me dit qu’ils ne le font pas méchamment, que ça ne la dérange pas, mais elle se pose des questions sur ce que c’est que d’être une fille ou un garçon… Certains jours, elle aime se mettre en jean tee shirt baskets casquette et ressembler à un garçon, et si on la prend pour un garçon ces jours-là, ça lui fait plaisir. D’autres jours, c’est robe et barrette… Bref, elle explore, et je trouve ça chouette.

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